30 juin 2022

La peinture décorative sur mobilier

Décorer un meuble peut être fait de mille façons à l’Atelier Garance. Ceci a pour but de donner des compétences aux futurs Peintres sur Mobilier afin qu’ils aient, dans leur vie professionnelle, la possibilité de rajouter ces prestations à la couleur et pour qu’ils ne stagnent pas dans des créations monochromes qui, au bout d’un certain temps, verront naître leur ennui ! Quoi de pire qu’un artisan d’art qui s’ennuie ? Des simples réchampi et ombrage, au vieillissement de la polychromie en passant par les décors géométriques, les décors classiques avec ombres et lumières, l’Arte Povera, le Fluid’art, les métallisations à froid déclinées en 7 métaux, la fausse dorure usée, le faux béton, la fausse rouille, les faux cuir, faux porphyre et ses déclinaisons, ils pourront proposer à leur clientèle bien plus que ce qu’elle leur demande. Quel immense plaisir que d’être contacté pour peindre un buffet en gris et repartir avec un projet décoratif extraordinaire car on a été capable de conseiller et guider son client. Quelle joie d’aller à l’atelier le matin pour mettre en œuvre cette réalisation !

Ces cubes de Victor Vasarely ont été brillamment redessinés et peints par Aurélie, aujourd’hui diplômée et en cours d’installation dans le Luberon. La création des couleurs fut un exercice périlleux mais réussi !! Quelque chose me dit qu’ils intégreront un jour le panneau central d’un meuble !!

27 mai 2022

La Biennale des Peintres sur Mobilier 2022

Plus de la moitié des Peintres sur mobilier installés sur le territoire français étaient présents à cette Biennale ! Les 10 promotions, de 2012 à 2022, étaient toutes représentées !

Les premières retrouvailles eurent lieu au restaurant de Chilhac, l’Embuscade, où le jeudi soir, une partie des Peintres sur Mobilier se sont rejoints.

Le vendredi matin, des jeux collectifs en lien avec l’activité de Peintre sur Mobilier furent préparés et animés par Anaïs Authelain, dans l’Ancienne Ecole des Sœurs, sa cour et son jardin prêtés gracieusement par la Mairie de Chilhac.

Le vendredi à 19h, l’inauguration de la Biennale se déroula dans la très belle Salle de la Tour gracieusement prêtée par la Mairie de Chilhac et aménagée pour l’occasion : Apéritif dinatoire et exposition de meubles et panneaux décoratifs réalisés par les Peintres sur Mobilier.

L’apéritif d’ouverture fut honoré par les présences (de droite à gauche) de Monsieur le Maire de Chilhac, Michel BECKERT, Monsieur Gérard BEAUD, Président de la Communauté de Communes du Haut-Allier et Mme Anne ELSENER pour la Chambre de Métiers qui nous firent l’honneur d’accepter de prendre la parole. Isabelle BARALE, directrice de l’Atelier Garance pris la parole à son tour.

Le samedi matin fut consacré à une réunion de travail des Peintres sur mobilier qui fut un réel échange sur le métier, la logistique et son avenir. Réunion « La boîte à questions » préparée et animée par Muriel DURAND et Sabrina BRULAY dans la cour de l’ancienne Ecole des Sœurs.

Dans la très belle salle de la Tour mise gracieusement à notre disposition par la Mairie de Chilhac, l’exposition d’une quarantaine de meubles et panneaux décoratifs réalisés par les artisans d’art fut ouverte le samedi 14 mai de 9h à 18h 30 et a compté bon nombre de visiteurs. L’après-midi, les Peintres sur mobiliers se sont relayés pour répondre aux questions de ces derniers. Monsieur Serge VAURIS, correspondant local du journal La Montagne nous a honoré de sa présence.

Toutes ces activités furent ponctuées d’apéritifs et repas apportés par les traiteurs des villages alentours dans l’Ancienne Ecole des Sœurs. Le samedi soir, un karaoké mémorable a été préparé et animé par Kathy Mazoyer !!!

La Biennale a pris fin le dimanche matin et tout le monde a repris la longue route du retour. Rendez-vous a été pris dans deux ans.

Remerciements : 

           A Monsieur le Maire de Chilhac, Monsieur Michel BECKERT, à Monsieur Gérard BEAUD, Président de la Communauté de Communes du Haut-Allier, à Mme Anne ELSENER responsable des Métiers d’Art de la Chambre de Métiers d’Auvergne Rhône Alpes, à l’Institut National des Métiers d’Art, à Monsieur Serge VAURIS, correspondant local du Journal La Montagne et à FR3.

             A la Présidente de l’Association Française des Peintres sur Mobilier, Marie RAFFALLI, aux membres du Bureau : Evelyne LE LOUER, Sandra LAURENT, Maëlle CHARPIER, à l’équipe de communication : Pascale BALAVOINE et Céline LAINE pour l’organisation de la Biennale des Peintres sur Mobilier.

             A la nombreuse équipe de volontaires qui se sont joints au Bureau pour l’organisation : Marina NOEL, Rozenn MARTIN, Véronique QUEYRAS, Sabrina BRULAY, Muriel DURAND, Kathy MAZOYER, Anaïs AUTHELAIN, Nadine BONNARDET, Alexandra ROMAIN, Christine PIERRE, Pauline ROUSSELET pour l’énorme travail fourni et merci aussi à tous et toutes les volontaires qui se sont démenés sur place !

             A tous les Peintres sur Mobilier qui sont venus de loin pour participer à cet évènement.

             A Véronique BRISSAUD, responsable du gîte, pour son extrême gentillesse et sa disponibilité.

29 avril 2022

Histoire de ma troisième et dernière reconversion

Nous étions en 2011 et les demandes de stage, de formation de relooking de meubles étaient récurrentes. Je décidais de me tourner vers la formation professionnelle et de transmettre mon savoir-faire. Vous l’avez tous compris, ma troisième reconversion fut de transformer l’artisan d’art indépendant qui travaillait pour qui il voulait, naviguait à vue et n’avait de compte à rendre à personne, en formatrice rigoureuse, méthodique, organisée qui a plein de comptes à rendre à toutes sortes d’institutions gouvernementales. Il s’agissait tout d’abord d’écrire noir sur blanc et de manière intelligible pour un élève, toutes les « recettes » inventées, pratiquées, bidouillées, modifiées durant 20 ans, toutes mes techniques d’application, de réalisation de décors, de création matière, de préparation de surface… Répertorier tous les produits utilisés ou fabriqués. Ce fut un énorme travail que de passer du « tout dans la tête » à des supports pédagogiques lisibles et compréhensibles par tous. Puis il fallut arpenter internet que je venais à peine de me faire installer, à la recherche de la très complexe législation de la Formation Professionnelle ; Législation qui évolue en permanence car chaque quinquennat y va de sa réforme et même de ses réformes ! J’en ai conclu qu’il devait s’agir d’un concours : Quel Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle ferait le plus de réformes et le plus souvent ? Enfin, je demandais à un webmaster de créer un site internet dont je n’avais jamais eu besoin en tant qu’artisan d’art (j’avais démarré en 1994), afin de me faire connaître en tant qu’Organisme de formation. Puis vint la rédaction des programmes de formation de différents niveaux puis des supports pédagogiques qui se devaient d’être utiles aux élèves et cohérents. Pour les plannings, se fut compliqué aussi : Par quoi fallait-il commencer ? Combien de temps mettrait un débutant à faire ceci ou cela ? Que pouvais-je apprendre à quelqu’un en 30h, en 60h ? Combien de temps fallait-il pour tout apprendre à un futur professionnel ? La création de maquettes diverses et variées à foison, la mise au point d’une méthode d’évaluation du travail des élèves, l’apprentissage de l’utilisation du florilège des extranets des financeurs fut une étape fastidieuse. Vint ensuite la préparation et l’obtention du premier Label Qualité VERISELECT, puis, suite à une réforme, celui que l’on nomme aujourd’hui QUALIOPI (dit le graal mais il n’est en fait qu’une partie du graal !). Tout cela sans oublier de se battre au jour le jour pour faire connaître et respecter ce métier que personne ne connaissait. Son apparition en 2015 sur la liste officielle des Métiers d’Art me vint en aide. Un peu comme pour le réchauffement climatique, tout le monde croyait à l’époque que n’importe qui pouvait peindre un meuble sans qu’une formation ne soit nécessaire, surtout les conseillers en reconversion ou financeurs des personnes désirant venir en formation dans mon atelier ! Aujourd’hui, les choses ont évolué mais il reste encore quelques patinoseptiques ! Puis vint la création du premier diplôme d’Etat pour le Peintre sur Mobilier qui n’a aucune formation initiale : Monter mon premier dossier d’inscription d’une formation certifiante de Peintre sur mobilier au RNCP pour créer enfin une reconnaissance officielle et nationale de ce métier d’art fut une sorte d’Everest à gravir puis la demande de renouvellement 3 ans plus tard un Kilimandjaro. Avec un taux d’acceptation de 64% des dossiers par France Compétences, ce n’est pas gagné d’avance puisque cela implique que 36% des dossiers sont refusés qu’ils constituent une première demande ou une demande de renouvellement. J’ai dû aussi m’habituer à avoir du monde en permanence dans mon atelier où je travaillais seule durant 20 ans en compagnie de France Inter ou France Culture, mon café et mes cigarettes ; Je passais d’excellent moments à transmettre mon savoir-faire mais aussi gérer les caractères difficiles et bien trempé de l’univers de la formation adulte (eh oui !), trouver le bon ton pour enseigner, pour faire comprendre, pour amener les élèves à cette exigence spécifique aux métiers d’art… en 2020, vint le moment de former et d’embaucher une ecellente animatrice de formation pour me seconder sans que ce fameux niveau d’exigence baisse (Merci Alexandra !) … Je me dis souvent que je suis finalement retournée en grande partie dans le « bureau » que j’avais fuit lorsque j’avais 27 ans !! Certes, je ne suis plus secrétaire mais chef d’entreprise, mais tout de même, le destin est un filou ! 10 ans plus tard, l’Association Française des Peintres sur Mobilier https://www.peintres-sur-mobilier.com/ créée par mes anciens élèves prépare La Biennale des Peintres sur Mobilier 2022 qui fait suite au premier séminaire des Peintres sur mobilier de 2019. Cette Biennale sera entre autres agrémentée d’une très belle exposition de meubles et panneaux décoratifs réalisés par les Peintres sur Mobilier présents (environ 35 sur 70 artisans d’art diplômés et installés à leur compte).

Rendez-vous à CHILHAC, en Haute Loire (43) le samedi 14 mai prochain !

30 mars 2022

JOURNEES EUROPEENNES DES METIERS D’ART

Journée Européennes des Métiers d’Art 2022

L’Europe se met à l’heure des métiers d’art et les portes de tous les Ateliers et Centres de formation spécialisés de 18 pays vont rester ouvertes pour recevoir le grand public du 28 mars au 3 avril 2022.

Qui veut voir des œuvres d’art, connaître l’histoire de leur réalisation, les modes de fabrication des matériaux et des produits qui ont été utilisés pour ce faire, passer du croquis à l’œuvre en écoutant l’artisan parler de son savoir-faire sera comblé.

L’Institut National des Métiers d’Art a créé cette manifestation en 2002 ; C’est en 2013 qu’elle s’est étendue à toute l’Europe ! C’est l’occasion de visiter les ateliers des artisans, d’échanger avec eux sur leur métier. L’Arrêté Ministériel du 24 décembre 2015 répertorie sur sa liste officielle plus de 200 métiers d’art… dont le Peintre sur mobilier.

A l’Atelier Garance, c’est bien entendu la formation à ce métier d’art qui intéresse les visiteurs qui ont pris rendez-vous. Est-ce un métier viable est souvent la première question que l’on me pose. La réponse est oui, preuve en est, depuis 2012, les 10 années de promotions d’anciens élèves qui ont ouvert leur atelier et sont toujours en exercice ! Vous trouverez ces ateliers sur la page partenaires de mon site : https://isabelle-garance.com/partenaires/

Ces anciens élèves se sont fédérés : Association Française des Peintres sur Mobilier dont vous pouvez visiter le site : https://www.peintres-sur-mobilier.com/

Nous sommes dans une époque de prise de conscience en lien avec l’état de la planète et le climat. Nous voulons cesser de produire des déchets inutilement. Aussi, le marché du réemploi a le vent en poupe. Parallèlement à cela, les gens ont pris conscience de la qualité d’ébénisterie des meubles qu’ils possèdent et y sont attachés affectivement aussi. Sa couleur sombre ou son look démodé est à peu près tout ce qu’ils reprochent à leur mobilier ! C’est à cet endroit-là que se positionne le Peintre sur mobilier dont c’est la spécialité.

Bonne JEMA 2022 !

23 février 2022

Interlude à la Peinture décorative sur meuble

J’ai parlé de mes reconversions, de mes nouveaux métiers mais pas des deux êtres uniques qui m’ont accompagnée. Il y a des métiers que l’on peut, par bonheur, exercer en compagnie d’un chien.

Ma première chienne Boxer, Pouchka, qui vécut 11 ans fut ma compagne d’artisanat d’art. Sage comme une image alors que je faisais un devis chez des clients, elle attendait sur le siège passager, la nuit étant parfois tombée entre temps. Tôt dans le matin frais, qui d’autre pour me regarder charger mon Jumpy en trépignant pour monter à sa place de peur que je ne l’emmène pas ? Ces beaux yeux attentifs à chacun de mes gestes, supportant parfois des odeurs solvantées peu agréables sur les chantiers ou à l’atelier, elle ne lâchait la garde qu’au moment de sa sieste. Elle a connu de beaux jardins, de magnifiques domaines, de très gentils clients qui adoraient les chiens, des compagnons chiens pour courses poursuites et jeux divers, des moments d’impatience quand je travaillais trop tard pour elle, les belles balades, puis le moment qu’elle aimait tant, en fin d’après-midi, quand j’ouvrais la porte latérale du Jumpy en lui disant, « On rentre ? ». Merveilleuse compagne que tu étais ma Pouchka !

Ma seconde chienne Boxer, Fovka, a très peu connu cette période car je me suis reconvertie dans la formation professionnelle quand elle était encore très jeune. Elle a en grande partie grandi dans l’atelier en compagnie des stagiaires. Son caractère très sociable et sa formidable personnalité firent qu’elle devint très vite la mascotte de l’Atelier Garance. Définition du Larousse d’une mascotte : « Une mascotte est un être ou une chose servant de symbole, d’emblème ou de porte-bonheur à un groupe de personnes, une institution ou une entreprise ». Oui, Fovka devint la mascotte de l’Atelier Garance ! Elle était toujours là, impatiente de voir arriver les élèves le matin, surtout le lundi matin ! Ses manifestations de joies étaient sans équivoques. Parfois, j’en concluais même qu’elle s’ennuyait peut-être le week-end, malgré les belles promenades… Elle semblait savoir compter, attendant derrière la porte vitrée tant qu’il en manquait un ou une et allant se coucher dès que tout le monde était là, non sans avoir eu son petit nonos. Le soleil l’attirait au dehors dès qu’il arrivait dans le jardin. Parfois, un ou une élève allait se détendre quelques minutes dehors s’asseyant sur son coussin auprès d’elle. Ses journées étaient ponctuées de beaucoup de câlins, de caresses, de petites friandises, d’échanges ; Fovka qui savait être présente et discrète à la fois a réconcilié beaucoup d’élèves avec les « gros chiens ». Elle a aussi compensé la séparation pour nombre de stagiaires loin de chez eux d’avec leur chien ou leur chat, leur permettant de prolonger cet échange unique que nous pouvons avoir avec les animaux. Elle nous a fait rire avec ses pitreries, savait poser pour les photos individuelles ou de groupe, a toujours trouvé quelqu’un de disposé à lui ouvrir la porte, qu’elle sorte ou qu’elle rentre… une bonne vingtaine de fois par jour ! Aucune pénurie ! Ma Fovka, tu viens de t’en aller au paradis des chiens et je crois pouvoir dire que NOUS ne t’oublierons jamais.

Encore merci à tous mes anciens élèves qui l’ont tous connue, pour toute l’affection qu’ils lui ont témoignée, les uns les autres, durant ces 11 belles années. Merci aussi pour leurs adorables messages.

(Photo : Fovka à l’atelier)

28 janvier 2022

Histoire de ma deuxième reconversion

Le mois dernier, je vous racontais ma première reconversion de 1989 dans l’Antiquité de prestige.
L’ennui, nous le savons tous, est le plus efficace des moteurs. En 1994, je fini par me lasser de la
galerie d’antiquité et des prestigieux salons d’antiquaires de toutes les grandes villes de France qui
m’avaient tant émerveillée. J’avais découvert sur certaines expositions des meubles et décors peints
d’époque XVIIIème et j’étais en pamoison devant ces réalisations d’un autre temps. Je ne pensais
plus qu’à en faire mon métier ! Mais comment faire ?

Il faut, pour comprendre mes débuts, imaginer un monde sans internet, sans tuto et sans formation
professionnelle au métier de peintre sur mobilier qui était venu allonger la liste des métiers disparus
bien avant ma naissance ! De plus, je m’étais installée dans un tout petit village du Haut Var,
Pourrières, où je ne connaissais absolument personne parce que j’y avais trouvé ma première
maison-atelier.

Les livres sur l’Histoires des styles, achetés en 1989 qui m’avaient tant aidée pour ma première
reconversion étaient devenus mes adversaires en 1994 ! Ils ne parlaient que de recettes anciennes.
Au fil de mes nouvelles lectures, cette multitude de secrets de fabrication de peinture pour mobilier
à base de bave de crapaud et pistil de perce-neige (c’est une caricature !), assombrissaient de plus en
plus mon avenir professionnel. Mes essais restaient infructueux. Le décapage ne se passait pas trop
mal car j’avais vu les ouvriers de Bernard Scuoppo Musso décaper des commodes en marqueterie
XVIIIème et remettre le bois à nu mais ils ne les peignaient pas ! Une fois cette étape terminée,
chaque fois ou presque que je déposais sur le bois mes peintures fabriquées selon la recette x ou y, la
couche se teintait de tâches de couleur brune ou rosé ou des cloques apparaissaient… La peinture
vinylique achetée en ville, pour essayer, avait à peu près la même réaction (l’acrylique existait peu ou
pas). Mon atelier n’était plus que le laboratoire d’une triste sorcière dont aucune production n’était
visible, faute d’être présentable ! Quel désespoir !

Il faut comprendre qu’aux XVIIème, XVIIIème et XIXème siècle, l’ébéniste savait que le meuble allait
être peint avant de le fabriquer. La finition se faisait donc sur bois brut et vierge qui avait été choisi
et éventuellement traité en fonction (suppression des tanins et résines pour les résineux). Le Peintre
sur mobilier, de nos jours travaille à 95% sur des meubles qui ont été peints, teintés, vernis, cirés, sur
bois massif ou en placage collé avec des colles animales ou chimiques. Même sur un bois décapé, il
reste des micro-résidus de la toute première finition qui nécessitent un blocage parfait des fonds, ce
que ne peut pas faire à 100% une peinture naturelle qui est aqueuse et beaucoup trop poreuse. Que
dirait le placage d’un meuble vintage après le quatrième ou cinquième passage (absolument
nécessaire) d’une peinture à la colle de peau qui est quasi-liquide et chauffée à 40 ou 50 degrés ? Je
vous laisse deviner !

C’est le BTP qui m’a finalement sauvée ! Un peintre en bâtiment du village, très étonné que j’achète
mes produits au magasin de bricolage du coin, m’emmena chez son fournisseur à Aix en Provence. Ce
dernier me questionna : Qu’utilisez-vous comme couche d’impression ? Je répondais vaguement « ça
dépend… » tout en me demandant franchement de quoi il parlait !! Vous n’en revenez pas, chers
lecteurs ? Vous voyez : je partais de loin ! Il me proposa une impression glycéro en me vantant sa
grande capacité à bloquer les fonds et me présenta sa fiche technique… Au plus il entrait dans le
détail, au mieux je comprenais enfin tous les problèmes que j’avais eu avec mes essais. Alors qu’il
parlait, j’essayais de garder un air « entendu » de grande professionnelle alors que tout se bousculait
dans ma tête et que je n’avais qu’une hâte, rentrer à l’atelier pour essayer cette peinture miracle que
je devrais mettre « avant » mes couleurs si j’avais bien compris ! J’avais enfin la base des règles de l’art : une couche d’impression, deux couches de finition et surtout, respecter les temps de recouvrabilité !!!!! Aujourd’hui encore, je n’utilise jamais un produit sans voir lu sa fiche technique.
Finalement, ma carrière a pu commencer et c’est à ce monsieur que je le dois ! Il ne me restait plus
qu’à apprendre à restaurer les meubles avant de les décorer, fabriquer des couleurs, réaliser des
décors, créer des effets de matière, inventer des patines, protéger mon ouvrage, trouver le matériel
adéquat et des clients qui ne me diraient pas, comme les gens du village « Quel péché d’avoir peint
un si beau bois ! ». Beaucoup de travail encore mais je tenais le bon bout !!

Pour rendre justice aux « recettes anciennes » que j’ai un peu malmenées précédemment, voici la
photo d’un chantier de restauration de gypseries dans le Château de Pourcieux (83). Elles étaient
fendues, cassées ou disparues et j’ai pu toutes les reconstituer grâce à la parfaite mise en application
des techniques du « gros blanc » à main levée pour les sculptures et du moulage pour les kilomètres
de moulures manquantes. Le talentueux chauleur professionnel Georges Orione, le plus connu de
l’époque dans notre belle Provence, a ensuite fait une superbe peinture à la chaux en deux tons qui
n’aurait pas tenu sur des sculptures reconstituées avec des résines actuelles.

A bientôt pour ma troisième reconversion… toujours dans le mobilier, bien sûr !

Découvrez les réalisations de mes élèves en formation : https://isabelle-garance.com/galerie/galerie-des-
stagiaires/

29 décembre 2021

Histoire de ma première reconversion

Je me suis reconvertie 3 fois dans ma vie, et toujours dans le Mobilier.

Voici l’histoire de ma première reconversion : De 18 à 27 ans, je fus secrétaire, m’ennuyant fermement dans une triste vie professionnelle. Puis, émergea enfin l’idée en moi qu’il était possible qu’il n’en fût pas ainsi toute ma vie !! Adepte de la démissionnite aigüe, j’acceptais un dernier poste pour une durée déterminée de 12 mois, sachant que cela me donnerait droit à environ un an de répit pour trouver comment ne plus jamais mettre les pieds dans un bureau !

A la fin de ce contrat qui fut, je crois, le plus mortel de tous, contrat très certainement envoyé par ma fée protectrice histoire que je ne change pas d’avis, j’arrivais débordante d’énergie à l’ANPE. Je leur expliquais que je voulais travailler dans le meuble ancien, bref, dans l’antiquité et que j’étais venue demander une formation dans ce domaine. A ma grande stupéfaction, cela n’existait pas ! Je ne l’avais même pas imaginé ! Mais qu’à cela ne tienne, je proposais à la conseillère qui me recevait de me former moi-même sur le tas : J’avais déjà fait des recherches de stages bénévoles : Un Commissaire-Priseur de Marseille, Maître VIOLA, était prêt à m’intégrer pour 1 mois à son équipe, le Directeur de la Société qui organisait chaque année le prestigieux Salon des Antiquaires de Marseille au Parc Chanot était prêt aussi à me donner un poste tout le temps du Salon… (soit-dit en passant, j’avais raconté aux deux que j’étais étudiante en Histoire de l’Art… Oui, j’avais un certain culot !) Je continuais ma tentative de persuasion, lui disant que j’avais acheté des tonnes de livres sur l’Histoire des Style et que je pouvais donc me former aussi à la maison. Mais ce fut encore NON : Elle me dit froidement que j’étais rémunérée par les ASSEDIC pour chercher du travail 8h par jour et non pas pour aller travailler bénévolement à droite et à gauche ou lire des livres !!! Il faut dire qu’à l’époque, les entreprises cherchaient des secrétaires à la pelle, j’avais une solide expérience de 9 ans, mon dossier aurait été vite bouclé, alors, sans doute mes prétentions l’agaçaient-elle. Avec elle, ma première reconversion commençait très mal…

Vous avez déjà compris que je n’en ai fait qu’à ma tête, le plus dur, durant toute cette année étant finalement de déplaire souverainement aux patrons où ma nouvelle ennemie m’envoyait régulièrement me présenter en tant que secrétaire. En dehors de ce détail, cette année de recherche d’une nouvelle vie fut merveilleuse.  Je rencontrais des gens fantastiques, antiquaires, responsables de salle de ventes, libraires, et notamment, cette épouse d’antiquaire professeure d’Histoire de l’Art au L.E.P Montredon de Marseille, Mme ARTAUD, qui, après m’avoir écoutée lui conter ma passion pour les beaux meubles anciens, me reçue tout l’hiver, avec l’accord du Proviseur, aux heures de cours d’Histoire des styles qu’elle donnait aux futurs ébénistes d’art de cette école. J’avais 27 ans, j’étais de retour sur les bancs quittés 11 ans auparavant, entourée d’adolescents très sympathiques, futurs ébénistes d’art qui me regardaient comme une curiosité. Les mois passant, forte de ma nouvelle petite expérience bénévole dans le meuble ancien, de mes quelques connaissances livresques, j’écrivais, avec l’aide de Mme ARTAUD, à tous les antiquaires adhérents du Syndicat des Antiquaires de Marseille (garantie de sérieux disait-elle) dont son mari était le Président ! Il n’y a pas de hasard ! Mes 28 ans approchaient ainsi que la fin de mes droits ! Je postais 88 lettres. Une seule réponse me parvint : C’était mon futur patron, Bernard-Pierre SCUOPPO MUSSO, Antiquaire, Ebéniste d’art et Expert près la Cour d’Appel d’Aix en Provence ! J’avais réussi !

Ces années furent une expérience unique et d’une telle richesse grâce à Bernard ; Quel précieux apprentissage ! Mais plus encore que la galerie, que les salons prestigieux, l’atelier d’ébénisterie d’art spécialisé dans les XVIIème et XVIIIème siècles et ce qu’y faisaient les 5 ouvriers spécialisés de Bernard m’émerveillait et annonçait déjà ma deuxième reconversion que je vous raconterai une prochaine fois.

Sur cette photo, j’ai environ 30 ans, je suis directrice de la Galerie Scuoppo-Musso de Marseille (il y en avait une autre à Paris, rue de Lille) et nous exposons au Salon des Antiquaires de Cannes au Palais des Festivals. C’est l’inauguration et Mr Michel Mouillot, alors Maire de cette ville, vient serrer la main de chaque antiquaire sur son stand respectif. Mon patron n’aimait que chiner et acheter. Sur tous les salons que nous faisions (Cannes, Marseille, Dijon, Strasbourg, Bruxelles, Lille, Bordeaux et Nîmes), il était présent durant les 2 ou 3 journées réservées aux professionnels, on mettait ensuite en place le stand ensemble puis il disparaissait bien avant l’inauguration qui sonnait l’ouverture au public pour 10 jours.

Bonnes fêtes de fin d’année !

www.isabelle-garance.com

29 novembre 2021

La quincaillerie d’ameublement

Je voudrais rendre hommage aux bronziers d’art, qu’ils soient fondeurs, repousseurs, ciseleurs, monteurs ou tourneurs. Que seraient les meubles sans leur quincaillerie d’ameublement ? Cet
ornement final, cette agrémentation ultime, cet embellissement métallique, cette « cerise sur le gâteau » sans lequel le mobilier ne serait pas ce qu’il est ? Les quincailleries d’ameublement sont pour la plupart fabriquées en laiton (un mélange de cuivre et de zinc) ou en acier. Sous l’appellation « bronzier d’art » on distingue donc cinq spécialités : Quel beau métier d’art, quel savoir-faire ! Le fondeur d’art qui coule le bronze ou le cuivre à haute température dans des moules pour obtenir des objets décoratifs, objets d’art, sculptures d’artistes. Le repousseur, qui lui crée différentes pièces après avoir réalisé un modèle en creux. Le tourneur qui à la sortie de la fonte, travaille l’objet sur un tour. Puis le ciseleur qui taille, sculpte et décore ; Quant au monteur, il assemble les pièces entre elles.

La quincaillerie d’ameublement se distingue de la quincaillerie d’agencement et de décoration, de celle de l’horlogerie ou du luminaire dans le fait qu’elle est spécifique au mobilier : Poignées, boutons, entrées de clef, motifs ornementaux, clef, bague-roulette, sabots, frises, moulures, filets, rosaces décoratives, rosaces de poignées, chutes, serrures, tabliers, porte-étiquettes, fiche à larder, fiches à lacet, charnières, vis et clous décoratifs… toutes ces pièces se déclinent dans chaque style : Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI, Louis-Philippe, 1 er Empire, Napoléon III, Art Nouveau, Art Déco.
Le choix de la quincaillerie d’un meuble fait partie du projet décoratif. Nous travaillons sur des meubles qui ont un vécu et en sont déjà pourvus. Si nous conservons cette dernière, cela implique son nettoyage et création éventuelle d’une nouvelle patine en accord avec le reste du projet : vieux bronze, argent vieilli ou fausse rouille. Nous pouvons aussi la supprimer pour en poser une autre. C’est bien pour cela que, dans tous les cas, une dépose est effectuée avant le décapage du meuble. Dans le cas d’un changement de quincaillerie, la suppression parfaite de tous les trous de l’ancienne sera rajoutée à l’étape « restauration ». L’harmonie entre la quincaillerie, le style et le volume du meuble est de la plus haute importance.

Habiller les meubles de la sorte est le plus sûr moyen de magnifier le travail de peinture décorative, c’est l’aboutissement du projet décoratif.

30 octobre 2021

Formation restauration de meuble

Le décor de cette travailleuse a été réalisée par Muriel, en formation de Peintre sur mobilier. Diplômée depuis peu, elle se souviendra longtemps de la restauration préalable au décor de ce ravissant meuble qui, étant non pas de style, mais d’époque Empire/Restauration – tout début du XIXème siècle – était en bien piteux état. L’acajou de Cuba entièrement cloqué, le tiroir ne fermant plus, l’encadrement du miroir en lambeaux, les supports du bougeoir (à gauche) et celui du « pique-aiguilles » (à droite) ne tenant plus, les baguettes qui ornaient le tour de la traverse basse et encadrant le tiroir cassées et disparues en grande partie, les roulettes fatiguées qu’il a fallu nettoyer et regraisser. Un meuble, finalement très pédagogique pour une formation de rénovation de meuble ! Il s’agit bien d’une travailleuse et non pas d’une coiffeuse. Une coiffeuse a la hauteur d’un petit bureau. On doit pouvoir mettre une chaise devant et s’asseoir correctement avec les genoux qui passent dessous…pour se faire belle…ou beau ! Une travailleuse est beaucoup plus basse car on s’assoit à côté avec son ouvrage du moment : tricot, broderie, couture, crochet, dentelle ou tapisserie. Le miroir permet certes de jeter un coup d’œil  de temps en temps à sa beauté mais surtout, il décuple la lumière de la bougie. Les quincailleries à palmettes, de très belles qualité ont été démontées, nettoyées et repatinées. L’abattant et son compas ont été momentanément séparés, mais pour la bonne cause ! Le décapage a suivi, puis la remise à niveau des parties où le placage était cloqué ou manquant. Après une longue préparation des surfaces, l’impression a pu être mise en œuvre, puis les couleurs choisies, fabriquées et posées. Les réchampis en dorure usée on mis en valeur chaque élément qui pouvait l’être et harmonisé le meuble avec ses quincailleries. Enfin, la patine a donné le ton final. Le souhait de Muriel était que les tons rajeunissent cette travailleuse. Elle a aussi réalisé une métallisation à froid sur le plateau pour finir de la moderniser.  Bravo Muriel ! « Couleurs et Vibrations », l’atelier de Muriel est en train de voir tout doucement le jour à Aix en Provence. Nous suivrons son installation.

Découvrez mes formations : https://www.isabelle-garance.com/stages-2/

29 septembre 2021

Ouvrir son atelier de rénovation de meubles

Le 18 septembre 2020, Sophie Rostaing quittait l’Atelier Garance, avec la Certification de Peintre sur mobilier. 

Inscrite depuis à la CMA PACA en tant qu’Artisan d’Art, l’ouverture de son atelier/boutique So Creativ’ 230, avenue Georges Clémenceau à Carpentras (84) l’a beaucoup occupée. Ce local, elle l’a entièrement restauré, aménagé avec beaucoup de goût ! Le coin boutique est attrayant car on y trouve des meubles déjà rénovés, patinés, décorés. Beaucoup d’échantillons plus beaux les uns que les autres ornent les murs, invitant les clients à regarder quantité de décors spécifiques au mobilier. Ils découvrent, incrédules, la quantité de techniques mise au service de leur mobilier par Sophie, techniques dont ils ignoraient l’existence avant de pénétrer dans ce lieu magique ! Et les voilà se prenant à rêver, à imaginer leur nouvel intérieur. A l’arrière, l’atelier, spacieux, parfaitement organisé, efficace. La pièce où les meubles seront remis à nu, afin d’être traités, restaurés et celle où ils seront peints, patinés, décorés, texturés avec talent par Sophie. Aucun produit, aucun outil ne manque.

Cette inauguration intervient durant la semaine européenne du développement durable (du 26 septembre au 8 octobre 2021) organisée par le Ministère de la Transition Ecologique qui ne suggère pas moins de 17 objectifs pour transformer notre monde. L’activité de Peintre sur mobilier s’inscrit dans l’objectif n° 12 : « Consommation et production durables » et l’objectif n° 15 : « Forêts, désertification et biodiversité ».

Restaurer un meuble existant plutôt que de le jeter et d’en acheter un neuf fait partie de ces fameux « gestes » que nous pouvons faire pour modifier notre mode de consommation. La transformation, la renaissance d’un meuble existant, une couleur, un décor sur commande dont on a demandé la réalisation à l’Artisan d’Art qui est au bout de la rue ou dans le village d’à côté : N’est-ce pas merveilleux ? Plutôt que l’achat anonyme d’un meuble fabriqué industriellement à des milliers d’exemplaires par un grand groupe qui a sans aucun doute rasé des forêts entières quelque part sur la planète pour les produire… Oui mais ça, c’était AVANT !